Bavardage avec Anthony Chénais, acteur du numérique

Anthony Chénais c’est un peu le caméléon du numérique en version locale… Il en a croisé des visages du tissu rennais, chez Ouest-France Multimédia, à la Ville de Rennes et Rennes Métropole, puis avec la Cantine Numérique. Aujourd’hui il se lance dans de nouvelles aventures. Rencontre.

Anthony ChesnaisQuelle est ton activité aujourd’hui et comment en es-tu arrivé là ?

Je suis désormais à mon compte depuis 18 mois, en tant que journaliste indépendant mais aussi à travers la société de conseil et formation Connected Pen. L’activité de cette société a débuté à partir de rencontres à la Cantine Numérique et avec un besoin qui remontait de plusieurs personnes : Réaliser du contenu pour leurs sites web.

J’ai donc monté cette activité qui propose une prestation de service dans ce domaine mais surtout de la formation afin de permettre aux entreprises de piloter leur présence en ligne, et de développer leur activité économique par la production de contenu.

Par ici, on est très orienté évolution du commerce avec la transformation numérique. Selon toi, quelles sont les barrières récurrentes des commerces physiques face au sujet et aux enjeux du numérique ?

Il y a d’abord eu une barrière psychologique. Le web était vu comme un ennemi, un concurrent. Ce qui est vrai quand on parle d’Amazon et de e-commerce. Mais c’est aussi un formidable vecteur pour garder le contact avec ses clients et en trouver de nouveaux.

On touche à une autre barrière, celle de la compétence dans ce domaine. Les commerces veulent de plus en plus aller vers le numérique mais ne savent pas comment s’y prendre. Elles font souvent appel à des prestataires extérieurs pour cela mais l’enjeu est surtout d’apprendre à piloter sa présence en ligne, en se formant à des outils comme les réseaux sociaux ou l’écriture web.

Quel regard portes-tu sur l’évolution du centre-ville de Rennes avec les projets à venir ?

Le centre ville de Rennes est en plein chantier. On y verra plus clair dans quelques années, avec la fin de travaux comme ceux du métro, de la gare et du centre des Congrès. Ce dernier devrait apporter une manne touristique importante pour les commerçants du centre.

Et quelles évolutions sous l’angle de la relation des consommateurs rennais avec les environnements commerciaux du territoire ?

Les commerçants du centre ville doivent aussi faire face à une autre concurrence, celle des centres commerciaux périphériques, qui savent se renouveler et proposer de nouvelles expériences d’achat. Les commerçants du centre-ville doivent donc gagner en visibilité, de façon individuelle, avec leur présence en ligne, mais aussi collective. Pour faire passer le message que le centre ville de Rennes est un immense centre commerciale, avec une offre riche et importante.

C’est donc à eux de travailler la lisibilité et la complémentarité de leurs offres, pour que le consommateur privilégie le centre ville de Rennes, comme expérience d’achat, à un achat en périphérie ou en ligne.

Selon toi, quelles sont les grands changements en cours et à venir pour le commerce physique ?

Il est bousculé par de nouveaux acteurs, comme Amazon, qui savent proposer une super expérience client. Je peux obtenir quasiment n’importe quel produit, chez moi en 48h.

Face à cela, il faut pouvoir mettre en place une autre expérience. Il ne s’agit pas seulement de mettre une tablette à l’entrée du magasin pour faire tendance. Il faut aider le client dans sa démarche d’achat, le conseiller. Pour moi, c’est le meilleur argument du commerce physique face au numérique.

Il faut aussi tisser du lien, en lui envoyant régulièrement des informations sur de nouvelles offres, des promotions, des bons plans… Il faut le fidéliser et faire en sorte qu’il sente une relation privilégiée entre lui et son commerçant. Bref faire de l’animation commerciale, mais en s’appuyant sur les outils du 21ème siècle : le numérique.

La traçabilité est un sujet en débat sur le plan social et politique. A l’heure de l’hyperpersonnalisation, les marketplace, grâce à la récolte de données et aux formulations algorithmiques, connaissent le comportement de leurs clients au point de devancer leurs désirs. Comment le commerce de proximité doit-il alors se situer ?

En première ligne. Cette hyperpersonnalisation, le commerce de proximité le connait déjà. On connait ses clients. On sait qu’ils sont, ce qu’ils aiment. La seul différence c’est que ce principe est démultiplié avec les outils numériques.

Pour y arriver, il faut simplement prendre le temps de mettre en place un fichier client, sur la base du volontariat, pour préciser qui sont vos clients, où ils habitent, la composition de leur foyer, ce qu’ils aiment ou pas. Cela permettra alors de leur envoyer des informations plus pertinente et donc de leur faire gagner du temps.

Penses-tu que les institutions territoriales aient un rôle à jouer dans ces temps d’évolution du commerce si l’on prend par exemple l’échelle d’un centre-ville ?

Bien sûr. Les institutions façonnent les centre-villes. Si on veut qu’ils restent dynamiques et ne se transforment pas seulement en musée, cela passe par la présence et l’animation des commerçants. C’est donc à ces institutions territoriales d’accompagner les commerçants pour les aider à faire face à ces mutations d’urbanisme, de développement du numérique, mais aussi des modes de déplacement, etc.

Quelles solutions ou expérimentations numériques, à Rennes ou ailleurs, mériteraient d’être valorisées dans le cadre de ces mutations du commerce ?

We Love Customers, une plateforme de recommandations et de parrainages automatique basée à Rennes. Elle permet au commerçant de simplifier et d’automatiser le parrainage entre ses clients.

C’est un point très important car même si nous sommes dans l’ère du numérique, le commerce n’est pas virtuel, mais dématérialisé. Derrière les écrans, les smartphones, il y a des êtres humains qui fonctionnent toujours à la recommandation, au bouche à oreille. Le numérique n’a pas changé ces pratiques, il les a simplement amplifiées.

Ici on aime bien partager nos escapades musicales, nous partagerais-tu un morceau qui résonne dans tes oreillettes?

En cette journée de la femme, je dirais : Cause I’m a man de Tame Impala.

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